En janvier 2025, le marché canadien a connu un rebond général, porté parune conjoncture mondiale tendue mais stimulante pour l’énergie. L’indice globaldu TSX a progressé de +4,43 %, tandis que l’indice énergétique (TTEN) aenregistré une hausse plus modérée de +3,01 %, comme l’illustre lafigure 1 ci-dessous.

Le mois dejanvier a été marqué par des décisions politiques percutantes : leretour de Donald Trump à la Maison-Blanche s’est accompagné d’une déclarationd’urgence énergétique nationale aux États-Unis, accélérant les projets liés auxénergies fossiles et suspendant plusieurs régulations environnementales. Enparallèle, le retrait officiel des États-Unis de l’Accord de Paris a suscité devives réactions, notamment un renforcement des engagements climatiques enEurope et en Asie. Ces évolutions ont alimenté une certaine instabilité sur lesmarchés mondiaux, tout en ravivant les débats sur l’avenir énergétique.
Pour leCanada, ces événements ont eu des répercussions directes : Trump a menacéd’imposer des tarifs de 25 % sur les importations énergétiques canadiennes,suscitant des inquiétudes sur la compétitivité du secteur à l’export. Cestensions ont freiné l’enthousiasme des investisseurs dans certaines valeursénergétiques, bien que la hausse des prix du pétrole ait contrebalancé ceseffets. Le WTI a atteint un sommet mensuel à 721,98 CAD/m³ autourdu 15 janvier, avant de redescendre à 658,61 CAD/m³ en fin de mois. Le Brenta suivi une évolution similaire, culminant à 748,77 CAD/m³.
Malgré cesfluctuations, le secteur énergétique a globalement bénéficié de cette haussetemporaire des prix, soutenant ses performances jusqu’au 22 janvier, commele montre l’évolution du TTEN. Cependant, l’annonce du possible retour demesures protectionnistes a entraîné des prises de bénéfices dans ladernière semaine de janvier, modérant la progression du secteur.
Sur le planmonétaire, le dollar canadien est resté relativement stable, oscillantautour de 1,43 USD/CAD, sans décisions majeures de la Banque du Canadani de la Réserve fédérale américaine durant ce mois. Toutefois, les tensionscommerciales pourraient infléchir les politiques futures des deux institutions.L’inflation au Canada est restée maîtrisée, ne dépassant pas 1,9 %,maintenant les anticipations d’un assouplissement progressif des taux pour lesmois à venir.
D’un point devue plus large, les marchés ont été animés par des contrastes : les politiquesclimatiques divergentes entre les États-Unis et les autres grandes économiesont ravivé l’intérêt pour les technologies propres à l’international,notamment après l’annonce par la Chine d’un record en matière d’énergie defusion nucléaire.
En résumé,janvier 2025 illustre bien la complexité géopolitique croissante autour del’énergie. Si le secteur énergétique canadien a profité de la vigueurpassagère des prix du pétrole, il a aussi été exposé aux incertitudes liées auxdécisions protectionnistes américaines. Le marché canadien a néanmoins terminéle mois en territoire positif, porté par la bonne tenue de plusieurs secteurs,mais avec un secteur énergétique en croissance modérée, freiné par laprudence des investisseurs face aux tensions bilatérales.
Références: